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La convergence multimédia, un passage ardu du rêve à la réalité
PETER HADEKEL, The Gazette, Montréal, Canada
Montréal (Canada), le 7 novembre 2008 — Le secteur multimédia a longtemps rêvé de convergence pour livrer contenu et publicité aux audiences en réunissant différentes technologies : imprimé, radio et télévision, Internet et sans-fil. La société montréalaise BCE s’en est certainement inspirée pour faire l’acquisition de groupes médias comme The Globe and Mail et CTV. Ce même engouement est assurément derrière la spectaculaire prise de contrôle de Time Warner par AOL aux États-Unis.
Pourtant, le passage du rêve à la réalité s’avère ardu et de nombreuses transactions inspirées de la convergence ne donnent pas les résultats escomptés. Mais cet état de choses ne perdura peut-être pas encore longtemps, soutient Yves Éric Laliberté, entrepreneur montréalais aux premières loges de la convergence.
M. Laliberté est directeur général de StreamTheWorld, jeune PME de Montréal comptant 60 employés et dont le chiffre d’affaires cette année s’élève à 7 millions de dollars. StreamTheWorld fournit des solutions de transmission audio et vidéo en ligne en continu dont la demande par les sociétés multimédias est en plein essor, explique M. Laliberté. D’un côté, le secteur du multimédia apprend à vendre de la pub sur Internet et, de l’autre, les publicitaires mesurent les avantages de leur présence en ligne, ajoute-t-il. Parmi ses clients, StreamTheWorld compte quelque 1 000 stations de radio qui diffusent leurs émissions en direct dans Internet. Cette jeune entreprise prétend déjà accaparer près de 60 pour cent du marché nord-américain de la radio.
Elle fournit également ses services à des groupes médias comme La Presse de Montréal et la Tribune Company de Chicago. De plus en plus de journaux diffusent des séquences vidéos en ligne, tant pour compléter leur couverture que parce qu’elles attirent autant les lecteurs que les publicitaires, remarque M. Laliberté. «Les défis sont les mêmes pour tout le monde, explique-t-il. Le déplacement des budgets publicitaires vers Internet étant à leur détriment ,ils devront, pour y remédier, transposer leurs activités traditionnelles dans Internet pour maintenir une audience tout au long de la journée, dans l’auto, au travail et à la maison, grâce à différentes plateformes de diffusion. En effet, c’est la première année que je constate que certains clients, les plus engagés, commencent à dégager des profits. Et ce n’est que le début. La plupart de nos clients font encore bien peu pour rentabiliser leur présence dans l’Internet ».
La technologie utilisée par StreamTheWorld a d’abord été développée à Montréal par une petite agence Internet qui exploitait les sites Internet de différentes stations de radio. À ses débuts, elle se servait de produits commerciaux comme Real Player et Windows Media, mais les utilisateurs se sont vite plaints de problèmes à contourner les pare-feu ou de plugiciels erronés, explique M. Laliberté.
L’agence a « vite su trouver une solution : la transmission en continu avec Flash (un outil interactif très utilisé) ». Une évidence, car Flash est présent dans 98 pour cent des ordinateurs, incluant les Mac, et ne pose aucune contrainte. « Si une page Web peut être lue, elle peut aussi présenter un contenu audiovisuel. » Par la suite, en détenant tous les droits, StreamTheWorld a pu offrir sa technologie aux stations de radio à moindre coût en leur promettant une audience accrue, rendant la diffusion en continu, autrefois dispendieuse, beaucoup plus abordable.
M. Laliberté, un entrepreneur Internet, est arrivé dans l’entreprise en 2006 avec le mandat de trouver les fonds nécessaires à la création d’une entité séparée pour lancer la nouvelle technologie. Précédemment, en 1996, il avait fondé une première entreprise, à Trois-Rivières, pour aider Cogeco Inc. à lancer son service Internet par câble. « Nous étions en quelque sorte leur laboratoire de R&D. En effet, nous avons fait pour eux les essais d’Internet par satellite et par micro-ondes ainsi que de téléphonie par câble. » Il a ensuite fondé à Montréal une entreprise de télécommunications IP, connue sous le nom de CESCOM, attirant du coup des investissements de 30 millions de dollars. Parmi ses autres réalisations figure une boîte de création de contenu Web interactif, vendue par la suite à Bell Canada.
M. Laliberté a joint les rangs de StreamTheWorld en 2006, où il a depuis réuni environ 11 millions de dollars, notamment en faisant appel aux sociétés de capital-risque Propulsion Ventures et Triton Group.
Au cours des deux dernières années, il a développé des services de ventes et du marketing pour soutenir l’équipe de recherche et développement chargée de l’élaboration de nouveaux produits. Cette équipe de R&D conçoit des fonctions personnalisées qui ajoutent à la convivialité de l'expérience utilisateur, ajoute-t-il. La preuve en est que la liste des clients ne cesse de s’allonger et compte quelque 200 entreprises, dont de gros joueurs comme CBS, ESPN, Astral Media, Corus et Sky News. Selon M. Laliberté, ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est que ces entreprises ont maintenant un modèle d’affaires permettant d’optimiser leurs revenus en ligne.

Earl Veale, vice président
Splice interactive / Corus
StreamTheWorld nous donne une longueur d’avance sur nos concurrents. Ils sont innovateurs et nous leur faisons entièrement confiance.














